Sociétaires célèbres

 

Depuis sa création, la Société libre a compté parmi ses membres de nombreux personnages qui ont marqué l'histoire du département de l'Eure, voire au-delà.

Voici les portraits de quelques-uns d'entre eux.

 

Léonce ABAYE (1820-1913)

Originaire de Pont-Audemer, Léonce Abaye fit fortune dans le Nord dans la fabrique de draps. En 1879, suite à l’acquisition du domaine du Tremblay à la Goulafrière, il créa une fromagerie autour de deux concepts novateurs : mécanisation et industrialisation. Au sein de la Société Libre de l’Eure, il expérimenta nombre d’innovations industrielles et agricoles et en rendit compte au sein de la section de Pont-Audemer.


Dr Louis AUZOUX (1797-1880)

Né à Saint-Aubin d’Ecrosville, il se passionna très tôt pour l’anatomie et créa dès 1822 un procédé pour fabriquer à partir de carton-pâte des modèles d’étude pour les facultés de médecine. En 1828, il lança une production en série de ses écorchés humains ou animaux, sous différents formats. Son œuvre est présentée depuis 1995 dans le musée de l’écorché d’anatomie du Neubourg, où est conservé un buste érigé en sa mémoire par la Société libre de l’Eure.


Marcel BAUDOT (1902-1992)

Archiviste du département de l’Eure de 1925 à 1948, il contribua au renouveau des sociétés savantes locales. On lui doit un historique de la Société Libre de l’Eure, ainsi que de nombreux ouvrages consacrés à l’onomastique et à l’histoire normande. Durant la Seconde Guerre mondiale, il joua un rôle de premier plan au sein de la Résistance euroise.


Georges BOURDON (1852 - 1901)

Archiviste paléographe, il dirigea les Archives départementales de l’Eure et fut correspondant du Comité des sociétés de beaux-arts des départements. Au titre de ses publications, il rédigea une étude de la sépulture gallo-romaine de Ferrière-Haut-Clocher, publiée à titre posthume en 1903 par la Société libre.


Alphonse CHASSANT (1808-1907)

Paléographe reconnu, il dirigea la bibliothèque, puis le musée d’Évreux. Érudit passionné, collaborant à divers journaux, ses recherches portèrent sur de nombreux sujets : histoire de l’Eure, sigillographie, héraldique, archéologie, etc. Il publia de nombreux articles dans les Recueils des travaux de la Société libre, dont il fut bibliothécaire et qui le récompensa pour sa bibliographie des grands personnages de l’Eure, malheureusement inachevée et jamais publiée.


Léopold DELISLE (1826-1910)

Né à Valognes, paléographe, il fut administrateur général de la Bibliothèque nationale entre 1874 et 1905. IL consacré de nombreux ouvrages à l’histoire médiévale, ainsi que diverses études sur les fonds de la Bibliothèque Nationale, l’imprimerie, la paléographie et l’archéologie. Il fut président de la Société libre en 1881.


Pierre LEBEURIER (1819-1886)

Archiviste paléographe, professeur de dogme à la faculté de théologie de Bordeaux, il dirigea les Archives départementales de l’Eure avant de se consacrer à la religion comme curé de Huest et de Gravigny, chanoine titulaire d’Évreux et enfin supérieur des dames bénédictines de Mantes. Il publia de nombreuses études consacrées à l’archéologie et à l’histoire religieuse du département de l’Eure, parmi lesquels une notice historique sur la commune d’Acquigny (1862), le Mémorial historique des évêques, ville et comté d’Évreux (1865) ou encore diverses notices sur l’abbaye de la Croix-Saint-Leufroy ou la cathédrale d’Évreux.


Delphine LEMAITRE, épouse PHILIPPE (1798-1863)

Née en 1798 à Pont-Audemer, elle consacra sa vie à l’histoire, l’archéologie, la poésie et la botanique. Reconnue pour ses travaux portant sur la région de Pont-Audemer et de Montfort-sur-Risle, elle entretint toute sa vie une correspondance assidue avec des érudits tels que l’abbé Caresme ou Arcisse de Caumont.


Gilbert MARTIN (1899-1976)

Né à Rouen en décembre 1899 d’une famille d’agriculteurs du Roumois, il exploita sa ferme du Theillement en mêlant tradition et innovation. Membre de l’Académie agricole, président de la Chambre d’Agriculture de l’Eure, il défendit le syndicalisme agricole et la nécessaire coexistence entre monde rural et modernité. Il fut également président de la Société libre de l’Eure de 1952 à 1976.


Antoine PASSY (1792-1873)

Né à Garches d’une famille gisorcienne, préfet de l’Eure en 1830, député des Andelys en 1837, il relança l’activité de la Société Libre, alors moribonde. Passionné de botanique et de géologie, il participe à la création de la Société française de botanique en 1854. En 1857, il fut élu à l’Académie des Sciences et publia sa Carte géologique du département de l’Eure.


Louis PASSY (1830-1913)

Fils d’Antoine Passy, il se passionna pour la littérature du XVIIe siècle et pour l’histoire politique. Archiviste paléographe, il consacra la plupart de ses travaux à Gisors, à l’histoire du droit et à l’agriculture. Député de l’Eure de 1876 à 1889, il fut élu six fois président de la Société Libre de l’Eure entre 1886 et 1913.


Ernest PORET, marquis de BLOSSEVILLE (1799-1886)

Conseiller général, passionné par l’histoire du département de l’Eure, il publia en 1877 son Dictionnaire topographique des communes de l’Eure, aujourd’hui encore ouvrage de référence. Il fut également président de la Société libre de l’Eure à trois reprises dans les années 1870.


Louis REGNIER (1865-1923)

Né à Gisors en février 1865, Louis Régnier se consacra à l’archéologie, publiant un ouvrage intitulé La Renaissance dans le Vexin qui lui ouvrit les portes du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques. Il publia de nombreux articles historiques et biographiques dans les Recueils des travaux de la Société libre de l’Eure et collecta les notes d’érudits locaux tels que P. Goujon, L. Passy ou encore les abbés Lefèvre et Grignon.


François REVER (1753-1828)

Né à Dol-de-Bretagne, il devint curé de Conteville en 1784, dont il devint maire en 1790, avant d’être élu député en 1791. En 1799, il fonda l’École centrale d’Évreux, alliant enseignement théorique et voyages d’études sur le territoire départemental. Archéologue reconnu, il mena de 1801 à 1804 une campagne de fouilles au Vieil-Évreux, mettant au jour les emplacements des thermes, du théâtre, de l’aqueduc du site de Gisacum. Il se passionna également pour l’histoire naturelle, entres autres pour la pomologie.


Narcisse Achille de SALVANDY (1795-1856)

Après une brillante carrière militaire débutée en 1813, il connut une rapide ascension politique jusqu’à devenir de 1837 à 1839 ministre de l’instruction publique. Il mena alors de nombreuses réformes : création des salles d’asile (devenues écoles maternelle) par ordonnance du 22 décembre 1837, apprentissage d’une langue vivante étrangère dans l’enseignement secondaire et développement de l’enseignement professionnel. Orateur, écrivain, historien, il encouragea la création littéraire tout au long de sa vie.